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Mis à jour le 19 octobre 2026 · 8 min de lecture

Violences éducatives ordinaires : éduquer sans violence, à la maison et chez l'assmat (2026)

Depuis la loi n° 2019-721 du 10 juillet 2019, l'article 371-1 du Code civil précise que « l'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques ». Fessée, gifle, cris, menaces, moqueries : ces « violences éducatives ordinaires » (VEO) sont fréquentes, souvent héritées de notre propre enfance, et elles n'éduquent pas. Ce guide s'adresse autant aux parents employeurs qu'aux assistant(e)s maternel(le)s : ce que dit le droit, des exemples concrets, des alternatives pour le quotidien et des pistes pour en parler ensemble, sans se juger ni se culpabiliser.

Ce que dit la loi depuis le 10 juillet 2019

La loi n° 2019-721 du 10 juillet 2019 relative à l'interdiction des violences éducatives ordinaires a inséré dans l'article 371-1 du Code civil une phrase simple : « L'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques. » La loi elle-même ne contient pas de disposition pénale : elle inscrit un principe éducatif dans le Code civil. Les violences sur un enfant restent par ailleurs réprimées par le Code pénal, y compris lorsqu'elles sont psychologiques, et même lorsqu'elles ne sont ni habituelles ni répétées (solidarites.gouv.fr).

La même loi concerne directement les professionnels : depuis le 12 juillet 2019, l'article L. 421-14 du Code de l'action sociale et des familles rend obligatoire, pour exercer le métier d'assistant maternel, une initiation aux gestes de secourisme, à la prévention des violences éducatives ordinaires et aux spécificités de l'accueil collectif des mineurs. La charte nationale pour l'accueil du jeune enfant (arrêté du 23 septembre 2021), que les assistants maternels intègrent à leur pratique, est tout aussi claire : la violence physique, verbale ou psychologique n'est pas une méthode éducative, et tout professionnel s'interdit de recourir à la violence et aux humiliations.

Qu'appelle-t-on « violences éducatives ordinaires » ?

Le site officiel 1000-premiers-jours.fr les décrit comme des mots ou des gestes brutaux ou violents envers l'enfant : « éducatives » parce que l'adulte pense qu'ils éduquent, « ordinaires » parce qu'ils sont très fréquents et parfois considérés comme normaux.

  • Violences psychologiques : crier, injurier, se moquer, rabaisser, faire peur, menacer (par exemple de laisser l'enfant quelque part), culpabiliser, le traiter de « nul » ; mais aussi ne pas répondre à ses besoins d'affection, de soins et de protection, ou l'exposer aux disputes familiales.
  • Violences physiques : pincer, gifler, donner une fessée ou un coup, secouer, tirer les cheveux ou les oreilles.
  • Ce qui n'en est pas : dire non, poser une limite claire, mettre l'enfant en sécurité face à un danger. Éduquer sans violence ne veut pas dire tout laisser faire : l'adulte guide l'enfant, lui donne des repères et le protège.

Pourquoi ces gestes n'éduquent pas

Les violences éducatives ordinaires ne sont pas efficaces pour changer le comportement d'un enfant. En revanche, elles ont un impact sur son développement et peuvent favoriser des troubles comme l'anxiété, l'agressivité ou la dépression, qui peuvent durer longtemps. Elles perturbent aussi la relation avec l'adulte et la confiance de l'enfant en lui-même (1000-premiers-jours.fr, solidarites.gouv.fr).

Si elles perdurent, c'est souvent pour des raisons très humaines : on reproduit la façon dont on a été élevé, on ne connaît pas toujours leurs effets, on a l'impression que « ça marche » sur le moment, et on ne sait pas toujours comment faire autrement. Le reconnaître, c'est déjà commencer à changer.

Des alternatives concrètes au quotidien

Les repères proposés par 1000-premiers-jours.fr valent aussi bien à la maison que chez l'assmat :

  • Un cadre clair et constant : des routines (par exemple autour du repas, de la sieste, de l'arrivée et du départ) et quelques règles importantes, répétées autant que nécessaire. Un tout-petit a besoin de temps pour comprendre ce qu'on attend de lui.
  • Dire son désaccord sans blesser : décrire calmement et fermement ce que l'on voit, dire qu'on n'est pas d'accord et proposer de faire autrement, sans juger ni critiquer l'enfant.
  • Détourner l'attention : proposer un autre jouet ou une autre activité pour éviter l'escalade.
  • Pendant une colère : prendre quelques secondes pour respirer, mettre des mots sur l'émotion de l'enfant (colère, tristesse, peur) plutôt que de dire « ce n'est rien », lui proposer un câlin. Consoler ne veut pas dire céder à sa demande.
  • Après la tempête : chercher ce qui a déclenché la crise pour mieux l'anticiper la prochaine fois.
  • Se rappeler qu'un tout-petit qui pleure, tape, mord ou se roule par terre ne cherche ni à embêter ni à manipuler l'adulte.

Quand on sent la colère monter

Fatigue, manque de soutien, pleurs qui durent : tout adulte peut un jour se sentir débordé. Le réflexe recommandé par 1000-premiers-jours.fr : mettre l'enfant en sécurité (parc, lit, pièce sûre), s'isoler un moment pour se calmer, puis, si cela ne suffit pas, passer le relais à l'autre parent ou à un proche. Pour une assmat qui accueille plusieurs enfants, cela peut vouloir dire installer chacun en sécurité, souffler quelques minutes sans les quitter des yeux, puis en reparler à froid avec une collègue ou au relais petite enfance (RPE).

Demander de l'aide n'est pas un échec : médecin, centre de PMI, lieux d'accueil enfants-parents (LAEP), ateliers parents-enfants proposés par certaines mairies. Le portail monenfant.fr permet de repérer les lieux d'information et d'accueil près de chez vous. Et si la situation vous dépasse ou si vous êtes inquiet pour un enfant, le 119 répond gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7.

Parent et assmat : en parler sans se juger

L'enfant a besoin de repères cohérents entre la maison et le lieu d'accueil. La charte nationale pour l'accueil du jeune enfant prévoit d'ailleurs, pour l'accueil individuel, des échanges réguliers entre le professionnel et les parents sur la manière dont ses principes sont appliqués, et ses dix grands principes doivent être mis à disposition des parents quel que soit le mode d'accueil.

Le meilleur moment pour en parler, c'est avant l'accueil, à froid : dans le projet d'accueil, l'assmat peut décrire comment elle pose les limites, accompagne les colères, réagit aux morsures entre enfants ou aux refus de sieste ; les parents peuvent partager ce qui fonctionne à la maison.

  • Décrire des faits plutôt que des jugements : « ce matin, il a mordu un autre enfant ; je l'ai éloigné et j'ai mis des mots sur sa colère » plutôt que « il a été méchant ».
  • Noter dans le carnet de liaison les situations difficiles et ce qui a aidé, pour ajuster ensemble au fil des semaines.
  • Si une parole ou un geste vous a mis mal à l'aise, d'un côté comme de l'autre, en parler rapidement et calmement, en partant de l'intérêt de l'enfant.
  • Si l'inquiétude persiste malgré l'échange, se faire conseiller par le RPE ou les services du département ; en cas de doute sur la sécurité d'un enfant, appeler le 119.

Ce que GardeZen peut faciliter

GardeZen permet de rédiger ensemble le projet d'accueil et le contrat d'accueil, de partager le quotidien dans le carnet de liaison et de retrouver les ressources près de chez vous (RPE, PMI, LAEP). L'app ne remplace ni le dialogue ni l'avis des professionnels : elle aide à garder une trace claire de ce qui a été convenu.

Sources officielles

Information à but pédagogique. Les montants et règles exacts (barèmes, plafonds) évoluent : vérifiez votre situation auprès des sources officielles. Mis à jour le 19 octobre 2026.

Aller plus loin

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