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Mis à jour le 19 octobre 2026 · 9 min de lecture

Enfant en danger : le 119, l'information préoccupante et la CRIP (guide 2026)

Une marque inexpliquée, un changement brutal de comportement, des mots qui vous troublent : s'inquiéter pour un enfant est une situation difficile, que l'on soit parent, assistant(e) maternel(le), proche ou voisin. Il n'est pas nécessaire d'avoir des certitudes pour agir : la loi demande à chacun de protéger les enfants en danger ou en risque de l'être, et ce sont des professionnels formés qui évaluent ensuite la situation. Ce guide explique le rôle du 119, ce qu'est une information préoccupante, le rôle de la cellule départementale (CRIP), ce que peuvent faire une assmat ou un parent, et ce que prévoit la loi sur le secret et le signalement.

Qu'est-ce qu'un enfant « en danger » ?

Selon Service-Public, un enfant est considéré en danger lorsque sa santé ou son développement physique, sa sécurité, sa moralité, son éducation ou son développement intellectuel, affectif ou social sont gravement compromis ou risquent de l'être. Par exemple :

  • manque de nourriture, d'attention ou de soins (la négligence peut ne pas être intentionnelle, mais elle met l'enfant en danger) ;
  • violences physiques (frapper, brûler, secouer…) ou psychologiques (humilier, menacer, intimider, isoler) ;
  • violences sexuelles, ou exposition d'un enfant à des propos, images ou actes à caractère sexuel ;
  • exposition aux violences au sein du couple : les enfants qui y assistent en sont pleinement victimes (solidarites.gouv.fr).

Les signes qui peuvent alerter chez un jeune enfant

Le ministère des Solidarités cite plusieurs signes qui doivent attirer l'attention chez l'enfant de moins de 6 ans : changement brutal de comportement (tristesse, agitation, agressivité, opposition, repli, désintérêt pour le jeu), troubles du sommeil ou de l'alimentation (difficultés d'endormissement, cauchemars, fatigue), comportements régressifs (propreté, langage, démarche), douleurs répétées (ventre, tête, malaises).

Aucun de ces signes n'est une preuve à lui seul, et il ne vous appartient pas de mener l'enquête. En cas de doute, le plus simple est d'en parler à un professionnel : le 119 est fait pour cela.

Le 119 : demander conseil ou transmettre une inquiétude

Le 119 (Allô Enfance en danger) est le numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l'être. L'appel est gratuit depuis tous les téléphones, possible 24 h/24 et 7 j/7 depuis la métropole et les Outre-mer, confidentiel, et il n'apparaît sur aucun relevé téléphonique. Des écoutants professionnels de l'enfance y répondent. Les adultes peuvent aussi utiliser le formulaire en ligne d'allo119.gouv.fr (traité du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h), et une plateforme en langue des signes française est ouverte du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h et le samedi de 9 h à 12 h.

On peut appeler le 119 sans certitude, simplement pour demander conseil : c'est ce que recommande le ministère en cas de doute. En 2024, le service a traité 40 709 sollicitations et transmis 24 322 informations préoccupantes aux cellules départementales. Le 119 doit être affiché dans tous les lieux accueillant habituellement des mineurs.

En cas de danger grave et imminent, appelez directement la police ou la gendarmerie (17 ou 112), les pompiers (18), le Samu (15), ou le 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes.

Information préoccupante, CRIP, signalement : qui fait quoi ?

Une information préoccupante est un écrit qui transmet des éléments laissant penser qu'un enfant est en danger ou risque de l'être, afin que sa situation soit évaluée. Le président du conseil départemental est chargé du recueil, du traitement et de l'évaluation de ces informations, quelle qu'en soit l'origine (article L. 226-3 du Code de l'action sociale et des familles), au sein d'une cellule départementale couramment appelée CRIP (cellule de recueil des informations préoccupantes).

Tout professionnel ou toute personne en contact avec un enfant en danger ou en risque de l'être peut saisir la CRIP de son département, directement ou via le 119. La cellule évalue dans un délai de trois mois les suites à donner (solidarites.gouv.fr) : accompagnement de la famille, aide éducative, ou saisine de la justice si nécessaire. La personne à l'origine de l'information est informée des suites données, sauf si c'est contraire à son intérêt ou à celui de l'enfant (Service-Public).

Le signalement au procureur de la République est réservé aux situations de danger imminent qui nécessitent une protection urgente, avec copie à la CRIP. Selon Service-Public, un signalement peut être anonyme, qu'il soit fait par courrier ou par téléphone.

Assmat : que faire si vous vous inquiétez pour un enfant accueilli ?

La charte nationale pour l'accueil du jeune enfant demande aux professionnels de connaître leur environnement institutionnel et juridique pour prévenir, détecter et signaler les cas de négligence et de violences faites aux enfants, qu'elles soient familiales ou professionnelles. Concrètement :

  • Notez des faits datés et précis (ce que vous avez vu, les mots exacts de l'enfant), sans interpréter ni enquêter : ce n'est pas à vous d'apporter la preuve.
  • Si l'enfant se confie, écoutez-le au calme, à l'écart, avec ses propres mots, sans questions fermées du type « qui ? où ? quand ? » ; dites-lui que vous le croyez, que ce n'est pas de sa faute et qu'il a bien fait de parler (solidarites.gouv.fr).
  • En cas de blessure ou de symptôme inquiétant, la priorité est médicale : appelez le 15.
  • Pour un avis ou pour transmettre votre inquiétude, appelez le 119 ou contactez les services du département (aide sociale à l'enfance ou CRIP).
  • Le fait que les parents soient vos employeurs ne change pas la priorité, qui est la protection de l'enfant. En principe, les parents sont informés de la transmission, sauf si c'est contraire à l'intérêt de l'enfant, par exemple s'ils sont auteurs des violences ou en contact avec l'auteur (solidarites.gouv.fr ; voir aussi l'article L. 226-2-1 du CASF) : le 119 ou la CRIP peuvent vous conseiller sur la façon de procéder.

Parent : que faire si vous êtes inquiet ?

  • Pour votre enfant, au retour d'un accueil (marque inexpliquée, changement de comportement) : parlez-en calmement avec l'assmat pour comprendre ce qui s'est passé, notez-le dans le carnet de liaison et consultez votre médecin si besoin.
  • Si votre inquiétude porte sur les conditions d'accueil, vous pouvez vous adresser aux services du département qui ont délivré l'agrément de l'assmat : ce sont eux qui peuvent, le cas échéant, modifier, suspendre ou retirer un agrément.
  • Si un enfant, le vôtre ou un autre, vous semble en danger : le 119, ou le 17 / 112 en cas de danger immédiat.
  • Si c'est vous qui vous sentez à bout, appeler le 119 ou en parler à votre médecin ou à la PMI, c'est aussi protéger votre enfant.

Secret, obligation de signaler : ce que dit la loi, sans culpabiliser

  • La loi oblige tout citoyen, qu'il soit ou non soumis au secret professionnel, à protéger les enfants en danger (article 434-3 du Code pénal, rappelé par solidarites.gouv.fr). La non-dénonciation d'une maltraitance dont on a connaissance peut être punie de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende, et de 5 ans et 75 000 € lorsque l'enfant a moins de 15 ans (Service-Public).
  • Un professionnel soumis au secret peut s'en délier pour saisir les autorités (article 226-14 du Code pénal), et le partage d'informations entre personnes qui mettent en œuvre la protection de l'enfance est possible dans l'intérêt de l'enfant (article L. 226-2-2 du CASF).
  • Ce qui est puni, c'est d'alerter volontairement les autorités sur des faits que l'on sait inexacts : c'est la dénonciation calomnieuse, passible de 5 ans de prison et 45 000 € d'amende (Service-Public). Une inquiétude transmise de bonne foi, même si elle n'est finalement pas confirmée, n'en relève pas.
  • Transmettre une inquiétude, ce n'est pas accuser : c'est permettre à des professionnels d'évaluer la situation. Les mesures possibles vont de l'accompagnement éducatif de la famille à la protection judiciaire dans les cas les plus graves.

Ce que GardeZen peut (et ne peut pas) faire

GardeZen ne remplace en aucun cas ces dispositifs : l'app aide à tenir un carnet de liaison daté et à retrouver les ressources près de chez vous (PMI, RPE, LAEP), mais face à un enfant en danger, ce sont le 119, la CRIP ou les numéros d'urgence qu'il faut contacter.

Sources officielles

Information à but pédagogique. Les montants et règles exacts (barèmes, plafonds) évoluent : vérifiez votre situation auprès des sources officielles. Mis à jour le 19 octobre 2026.

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