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Mis à jour le 19 octobre 2026 · 7 min de lecture

Maladie chronique, allergie, handicap : le PAI chez l'assistante maternelle (2026)

Un enfant qui vit avec une maladie chronique (asthme, diabète, épilepsie…), une allergie alimentaire ou un handicap peut être accueilli chez une assistante maternelle, à condition de préparer l'accueil ensemble. Le projet d'accueil individualisé (PAI), bien connu des crèches et des écoles, et l'annexe au contrat prévue par le code de la santé publique permettent d'écrire noir sur blanc les besoins de l'enfant, ses traitements et la conduite à tenir en cas d'urgence. Ce guide présente ces outils, les ressources qui existent (PMI, MDPH, plateformes de coordination et d'orientation pour les troubles du neurodéveloppement) et ce que prévoit la convention collective pour la rémunération. Il s'agit d'une information générale : pour toute question sur la santé de votre enfant, demandez l'avis de votre médecin ou de la PMI.

Le PAI : de quoi parle-t-on ?

Selon Service-Public, le projet d'accueil individualisé est un document écrit qui précise les adaptations à apporter à la vie de l'enfant en collectivité (crèche, école, collège, lycée, centre de loisirs). Il concerne les enfants atteints de troubles de la santé, comme une pathologie chronique (l'asthme, par exemple), une allergie ou une intolérance alimentaire, ainsi que les maladies de longue durée. Il est élaboré à la demande de la famille (ou du chef d'établissement, avec l'accord de la famille), en concertation avec le médecin scolaire, le médecin de la protection maternelle et infantile (PMI) ou le médecin et l'infirmier de la collectivité.

Le PAI précise notamment les régimes alimentaires à appliquer, les conditions de prise des repas, les aménagements d'horaires, les dispenses d'activités incompatibles avec la santé de l'enfant et les activités de substitution. Les besoins thérapeutiques figurent dans l'ordonnance signée par le médecin qui suit l'enfant. Le PAI peut être reconduit d'une année sur l'autre et revu en cas d'évolution de la maladie.

La circulaire du 10 février 2021 relative au PAI pour raison de santé, écrite pour l'école et qui sert aussi de référence aux établissements d'accueil de la petite enfance (crèches, haltes-garderies, jardins d'enfants) et aux accueils collectifs de mineurs, prévoit une fiche « Conduite à tenir en cas d'urgence », complétée et signée par le médecin qui suit l'enfant ou par le médecin de l'Éducation nationale ou de PMI, et une trousse d'urgence avec des médicaments dont la date de péremption a été vérifiée. Elle rappelle qu'en cas d'urgence, l'appel du Samu-Centre 15 est nécessaire.

Chez l'assistante maternelle : l'annexe santé du contrat

Le PAI est pensé pour les collectivités. Pour une assistante maternelle employée par un particulier, le code de la santé publique prévoit un outil propre : l'article R.2111-1 indique que les modalités de délivrance des soins ou traitements médicaux sont décrites dans une annexe du contrat de travail, qui peut être élaborée avec l'aide du service départemental de PMI. L'article L.2111-3-1 vise d'ailleurs expressément les enfants en situation de handicap ou atteints de maladies chroniques, et confie au département l'organisation de l'accompagnement des assistants maternels dans ce domaine.

Si l'enfant dispose déjà d'un PAI (en crèche ou à l'école pour le périscolaire), les parents peuvent en transmettre une copie à l'assistante maternelle : c'est une base précieuse pour rédiger l'annexe. Points utiles à y faire figurer :

  • les besoins de l'enfant au quotidien : repas et régime, rythme, matériel adapté, activités à aménager ;
  • les traitements quotidiens et d'urgence, avec la copie de l'ordonnance et l'autorisation écrite des parents ;
  • la fiche « conduite à tenir en cas d'urgence » signée par le médecin, et l'emplacement de la trousse d'urgence ;
  • les coordonnées des parents et du médecin qui suit l'enfant, et le rappel du 15 ;
  • le calendrier de mise à jour : renouvellement de l'ordonnance, évolution de la maladie ou des besoins.

Les médicaments et la trousse d'urgence

L'assistante maternelle peut administrer un traitement si l'acte peut être regardé comme un acte de la vie courante, à la demande des parents, et après cinq vérifications (article R.2111-1) : le médecin n'a pas demandé l'intervention d'un auxiliaire médical, les parents ont donné leur autorisation écrite, ils ont fourni le médicament ou le matériel, l'assmat dispose de l'ordonnance ou de sa copie et s'y conforme, et le geste lui a été expliqué au préalable. Chaque prise est inscrite immédiatement dans un registre (nom de l'enfant, date et heure, nom du professionnel, médicament et posologie).

Une ordonnance est valable un an, rappelle la FAQ ministérielle sur les modes d'accueil (septembre 2026) : il faut penser à la renouveler, sans quoi le médicament ne peut plus être donné. La circulaire de 2021 sur le PAI fait le même constat pour les collectivités. Côté pratique, convenez de qui vérifie les dates de péremption de la trousse d'urgence et à quelle fréquence.

Adapter l'accueil au quotidien

Un accueil adapté se prépare avant le premier jour. La période d'adaptation est le bon moment pour observer ensemble les besoins de l'enfant, essayer le matériel, ajuster le rythme et, si un geste de soin est prévu, que les parents le montrent à l'assistante maternelle.

Pour une allergie alimentaire, la question des repas est centrale : qui les prépare ou les fournit, quels aliments sont exclus, comment éviter les erreurs (étiquetage, ustensiles), et quelle est la conduite à tenir prévue par le médecin en cas de réaction. Pour un enfant suivi par des professionnels (kinésithérapeute, psychomotricien, orthophoniste…), les échanges avec l'assistante maternelle se font avec l'accord des parents, qui restent les premiers interlocuteurs.

L'assistante maternelle voit l'enfant chaque jour : si elle remarque quelque chose qui l'interroge dans son développement, le bon réflexe est d'en parler avec les parents, qui pourront en discuter avec leur médecin.

Les ressources : PMI, MDPH, plateformes TND, relais petite enfance

  • La PMI de votre département peut aider à élaborer l'annexe au contrat (article R.2111-1) ; ses coordonnées figurent dans l'annuaire de Service-Public.
  • La MDPH (maison départementale des personnes handicapées) instruit, par sa commission des droits et de l'autonomie (CDAPH), les demandes d'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH), une aide destinée à compenser les dépenses liées au handicap d'un enfant de moins de 20 ans.
  • Les plateformes de coordination et d'orientation (PCO) s'adressent aux enfants de moins de 12 ans susceptibles d'avoir un trouble du neurodéveloppement (trouble du spectre de l'autisme, TDAH, troubles Dys, trouble du développement intellectuel). Tout médecin (médecin traitant, pédiatre, PMI…) peut y orienter l'enfant ; depuis le 1er janvier 2025, il peut utiliser le carnet de santé pour les enfants de 0 à 6 ans. Les soins sont pris en charge par des forfaits sans reste à charge, pour 12 mois renouvelables une fois. Les PCO interviennent avant le diagnostic et sont sectorisées par département.
  • Le relais petite enfance (RPE) et les lieux d'accueil enfants-parents (LAEP) proches de chez vous se trouvent sur monenfant.fr, le site des Caf.

La rémunération : une majoration prévue par la convention collective

Service-Public (fiche sur le salaire de l'assistante maternelle, vérifiée le 17 juin 2026) rappelle que l'accueil d'un enfant présentant des difficultés particulières, temporaires ou permanentes, donne droit à une majoration du salaire. Cette majoration varie en fonction de l'importance des difficultés provoquées par l'accueil de l'enfant ; son taux est fixé par accord entre l'assistante maternelle et l'employeur et précisé dans le contrat. Service-Public n'indique pas de taux chiffré : il se discute selon la situation, et un avenant permet de le revoir si les besoins de l'enfant évoluent.

Les absences liées à la maladie de l'enfant suivent par ailleurs les règles de la convention collective : courtes absences non rémunérées dans la limite de 5 jours par an, absence pour maladie ou hospitalisation de 14 jours calendaires consécutifs non rémunérée, puis reprise du salaire (ou rupture du contrat) si elle se prolonge, ces limites étant calculées sur 12 mois glissants.

Ce que GardeZen aide à faire

Le contrat d'accueil GardeZen comporte une rubrique santé (allergies et conduite à tenir, pathologie et traitements chroniques, autorisations d'aide à la prise rattachées à une ordonnance) et un champ « besoins spécifiques », et le carnet de liaison permet d'échanger chaque jour avec les parents. GardeZen aide à organiser et partager ces informations ; il ne remplace ni le PAI, ni l'ordonnance, ni l'avis du médecin ou de la PMI.

Sources officielles

Information à but pédagogique. Les montants et règles exacts (barèmes, plafonds) évoluent : vérifiez votre situation auprès des sources officielles. Mis à jour le 19 octobre 2026.

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